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Digitalisation dans le bâtiment : le pari de la qualité et de la sécurité

L’éditeur de logiciels pour les spécialistes de la conception du bâtiment Autodesk a invité les professionnels de la construction, à l’occasion de son Forum, tenu ce jeudi à Casablanca, à découvrir les nouvelles technologies innovantes et les dernières tendances pour mieux répondre aux besoins croissants de la population.

À l’instar de la fulgurante évolution enregistrée dans plusieurs secteurs grâce à un recours croissant aux solutions numériques, l’immobilier n’échappe pas à cette vague de transition. La digitalisation est en train de devenir une réalité dans ce domaine souvent perçu comme peu innovant. D’autant plus que ce sont plus de 5 milliards de personnes dans le monde qui pourraient être victimes des inondations d’ici 2050.
En conséquence, il faut dès aujourd’hui bâtir 3.600 bâtiments de plus par jour par rapport à ce qui est déjà construit. Pour répondre à cette demande, il est temps de repenser notre façon de concevoir et de fabriquer le monde qui nous entoure ! Les solutions numériques s’imposent ainsi pour résoudre l’équation d’un besoin d’une qualité supérieure pour les bâtiments produits avec une forte nécessité d’économie de matériaux et de coûts.

«On observe un taux d’adoption considérable du processus Building Information Modeling (BIM) pour le secteur de l’architecture et du bâtiment. Le domaine des infrastructures n’est toutefois pas en reste puisque ce processus intelligent est de plus en plus utilisé sur les projets de type ponts, routes, voies ferrées…», a déclaré José Rael, directeur France et Afrique d’Autodesk.

Pour lui, ce processus révolutionne la façon dont les bâtiments, les infrastructures et les voiries et réseaux divers sont planifiés, conçus, créés et gérés.


Grand théâtre de Rabat, exemple phare du BIM

digitalisation dans le bâtimentLe recours aux nouvelles technologiques numériques permet ainsi aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre de concevoir, visualiser, simuler et collaborer plus facilement tout au long du cycle de vie du projet. Elles rendent ainsi les informations liées au projet plus compréhensibles pour prendre de meilleures décisions afin d’exploiter de manière optimale les bâtiments une fois construits.

Reda Kessanti, BIM Manager au cabinet Zaha Hadid Architects, chargé de la conception architecturale et du suivi des travaux de construction du Grand Théâtre de Rabat a affirmé à cette occasion que «cet ouvrage majestueux qui comprend un théâtre de 1.800 places, un amphithéâtre en plein air de 7.000 places, des espaces d’enseignement a dû, en raison des formes complexes du bâtiment et du programme aux besoins variés, avoir recours à l’utilisation du BIM et de la 3D».

La non-utilisation de ce processus aurait provoqué avec certitude des erreurs de conception et de coordination sur le chantier. Cela aurait, en outre, entraîné des surcoûts liés à la démolition de certains éléments et à une mauvaise collaboration. Les solutions numériques contribuent également à augmenter la qualité de ces édifices construits, à maîtriser totalement les performances des bâtiments qu’elles soient énergétiques, structurelles ou liées à leurs coûts. Selon les experts, la préfabrication et l’impression 3D révolutionnent aussi la conception et la construction de bâtiments et d’infrastructures. Depuis quelques années déjà, ceci est rendu possible sur tout ou partie du bâtiment permettant ainsi une construction plus rapide à moindre coût, à l’image de Dubaï qui impose que d’ici 2025 25% de ses bâtiments soient imprimés en 3D.

Interview d’Emmanuel Di Giacomo – Responsable des écosystèmes BIM en Europe chez Autodesk


« L’adoption des solutions numériques est vitale »


Quels sont les facteurs clés pour réussir la transition numérique dans le domaine de la construction ?

Le facteur clé, c’est que la direction de l’entreprise doit être consciente de l’importance du numérique, notamment en matière de retour sur investissement. Elle sera obligée au départ de réorganiser les équipes car lorsqu’on passe d’un processus classique à un processus BIM, il faut créer de nouveaux postes et adopter une organisation complètement différente. Les professionnels du secteur doivent aussi être conscients que les entreprises ont, plus que jamais, recours au numérique. Ce n’est plus un choix facultatif, c’est une question de survie. Si on ne passe pas par le digital, c’est la mort assurée en quelques années puisqu’on ne sera plus efficaces et on ne produira plus de bâtiments de qualité par rapport aux concurrents. Les professionnels ne pourront plus répondre aux appels d’offres au sein des autre pays où le BIM est rendu obligatoire. Ils vont perdre ainsi plusieurs opportunités au niveau international. Donc les facteurs clés, c’est la prise de conscience, la mise à disposition des ressources et la structuration de ce qu’on va mettre en place.

 

Quelles sont les disciplines du secteur de la construction les plus concernées par les solutions numériques ?

L’architecture est la discipline la plus impactée par le numérique car les maquettes 3D sont indispensables. Le numérique concerne également la gestion du chantier, sa planification, les installations, la sécurité… Les nouvelles solutions impactent vraiment les pratiques puisqu’on a de moins en moins de papier et de plus en plus de boîtes numériques pour consulter les maquettes et les différents outils de travail. On peut gérer ainsi l’installation du chantier, la maîtrise des matériaux…et tous les facteurs secondaires comme la ventilation, l’électricité, la plomberie. Bref, les bureaux d’études qui font l’ingénierie du bâtiment seront directement impactés. D’ailleurs, les entreprises et les architectes confirment qu’ils veulent souvent réaliser des projets en BIM. Malheureusement, les bureaux d’études ne sont pas encore au point.

 

Y a-t-il un vrai potentiel à exploiter au Maroc ?

L’immobilier est l’un des secteurs clés de l’économie marocaine et le domaine de la construction est assez dynamique. C’est le cas également pour le développement des infrastructures. Évidemment, il y a un grand potentiel. On remarque également qu’en France une grande majorité des spécialistes du BIM sont généralement d’origine des pays de l’Afrique du Nord, notamment le Maroc. Il y a donc un savoir-faire et un vrai potentiel à exploiter.

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